Mangas goku-moon

Published on avril 2nd, 2011 | by Le Gitankage

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Hentai: une histoire millénaire qui sent la chatte.

Si vous vous baladez dans une grande ville Japonaise, vous finirez toujours par tomber, en plein centre-ville, sur des magasins consacrés aux Hentai, les mangas et animés classés « X ».

Non seulement ces magasins sont au rez-de-chaussée, donnant sur la rue où des enfants passent, mais ils sont parfois de la taille d’un immeuble entier, avec trois ou quatre étages (avec ascenseur) donnant à chaque fois sur une spécificité précise : dvd, mangas, sex-toys etc… 

Pourquoi les mangas à connotation érotique et pornographique ont-ils autant d’importance au Japon? Quelle est leur origine ? C’est ce que nous allons voir en toute décontraction !

Un autre état d’esprit

Sans rentrer dans une analyse psycologique, il est clair que les japonais sont de grands enfants, ayant grandi dans une structure familliale et collective très forte. L’immigration est quasi-nul, l’emmigration des japonais aussi. La société japonaise est donc une société, même si elle est admirable sur bien des points, très très repliée sur elle-même.

Sur certains points, le Japon a des airs de Disneyland géant. Du Kawaii (mignon) vous en bouffez à tous les coins de rue. Une bonne dose de Hello Kitty par-ci et du Pokemon par-là pour vous vendre toutes sortes de produits. Cet état d’esprit souvent enfantin (ne généralisons pas non plus) se transpose évidement dans la sexualité. Il n’y a en soit rien de malsain, mais plutôt une manière de s’amuser dans sa sexualité, certains chez nous aiment se distraire avec un cannard vibrant, d’autre préfèreront le faire avec une femme de bande dessiné au seins énormes, jusqu’ici chacun son truc.

Mais ce qui est intéressant avec le Hentai, c’est qu’il est vraiment reconnu comme une branche artistique à part entière. Pour comparaison, les films pornos occidentaux sont des films, mais il ne sont pas reconnus comme faisant partie du patrimoine cinématographique ou culturel, même si certains films de Tabatha Cash resteront probablement dans les anales (c’est le cas de le dire…). Au Japon, les choses sont différentes avec les mangas et dessins animés érotiques ou même pornographiques. Et si les choses sont ainsi, inutile de chercher plus loin, c’est que ce type d’œuvres a une histoire.

hentai

Etymologie du Hentai

Le mot hentai (??) signifie littéralement « perversion », « anormalité » ou « métamorphose » en japonais. Même s’il Coinstar fees peut servir à qualifier des comportements comme le sadisme ou l’inceste, ce mot en lui-même n’a pas nécessairement de connotation sexuelle. Par exemple, on peut parler de « mentalité anormale » ou hentaishinri.

Familièrement, ce mot est utilisé pour dire « pervers » ou « bizarroïde ». Les termes comme 18-kin (« interdit aux moins de 18 ans »), et seijin manga (« bande dessinée pour adulte ») avertissent du caractère pornographique du support.

Une grande majorité des dessins animés japonais pornographiques importés en Occident (et surtout parmi les premiers titres sortis) tels que Urotsukidoji, Angel of Darkness ou Dragon Pink comportent des scènes « anormales » allant de la copulation avec des monstres imaginaires au sadomasochisme, ce qui a probablement contribué à la confusion entre hentai et ecchi, terme couramment utilisé au Japon pour désigner ce qui est pornographique d’une manière générale, et, en Occident, pour désigner les mangas ou les anime présentant un contenu à connotation sexuelle, où la sexualité est généralement utilisée pour créer un effet comique.

En plus du hentai conventionnel qui concerne exclusivement des relations hétérosexuelles, il existe d’autres formes de hentai : Le yaoi concerne l’homosexualité masculine et le yuri, son pendant féminin. Généralement, le yaoi utilise des dessins d’hommes très efféminés dans leur physique et leurs manières : ils sont appelés bishônen, ce qui se traduit littéralement par « joli garçon ». La pornographie gay telle qu’on la connaît en Occident est très rare au Japon. Le yaoi englobe tout ce qui concerne l’homosexualité masculine, mais certains sous-genres comme le shônen-ai ne sont pas pornographiques et ciblent principalement les jeunes filles plus attirées par les relations sentimentales que par les scènes de sexe. L’équivalent non pornographique du yuri est le shôjo-ai.

Le hentai est un art qui consiste donc à faire l’amalgame de la pornographie et du dessin animé japonais. En général, le hentai est un jeu de pouvoir entre l’homme et la femme. Et nous abordons là un point important de cet article, puisque toute ces formes de Hentai ont la même origine : les Shungas.

Les shungas : l’origine du Hentaï

Les shunga sont des gravures japonaises érotiques, de style ukiyo-e. Shunga signifie littéralement: »image du printemps », un euphémisme pour faire référence à l’acte sexuel. Le mot shunga serait dérivé de l’expression chinoise chungonghua, signifiant « image du palais du printemps », en évocation de la vie joyeuse menée au palais du prince héritier. L’age d’or des shunga, se situe entre 1600 et 1868.

Les shunga trouvent leur origine en Chine. On pense qu’elles auraient été initialement inspirées par les illustrations des manuels médicaux durant l’époque Muromachi (1336 – 1573), et par les peintres érotiques chinois de cette époque qui avaient tendance à exagérer la taille des organes génitaux ( qui est une des caractéristiques des shunga ). Bien que présentes avant l’époque Edo, elles restent rares et destinées à la classe des courtisans, mais ce n’est qu’à cette époque qu’elles se développent réellement grâce aux évolutions considérables faites en matière d’impression, tant du point de vue de la qualité que de celui de la quantité. Il y eut de nombreuses tentatives de la part du gouvernement pour interdire les shunga, la première fut un édit publié par le shogunat de Tokugawa en 1661 interdisant, entre autres, les livres érotiques connus sous le nom de koushokubon. Cette disposition affecta surtout les ouvrages critiquant le daimyo et les samouraïs. L’édit de 1722 beaucoup plus strict interdisant la production de tout nouveau livre sans l’accord du commissaire de la ville, fit définitivement passer les shunga dans la clandestinité, sans pour autant stopper leur épanouissement.

Comment on fait les bébés?

Les shunga étaient appréciés par des hommes et des femmes de toutes classes. Les superstitions et les coutumes y faisant référence sont la preuve de leur large impact. Ainsi, ils étaient considérés comme un porte-bonheur, comme un charme contre la mort par les samouraïs; ils étaient une protection contre le feu dans les entrepôts et les maisons. De ceci nous pouvons déduire que des samouraïs, en passant par les chonins et les femmes au foyer, tout le monde possédait son shunga. La qualité et le prix des shunga étaient très variés. Ils pouvaient être raffinés et vendus à de riches seigneurs, ou encore limités en couleurs, largement distribués et avec un coût inférieur à un bol de nouilles.

Vous comprendrez donc que la possession de Shungas est devenu banal à travers les générations, donnant aux japonais une perception de l’érotisme et de la pornographie très différente de la notre. N’oublions pas que les japonais n’ont pas connu le catholicisme et son conservatisme religieux. Les Shunga n’ont disparus qu’avec la photographie érotique au début de l’ère Meiji 1868-1912, ce qui est très tardif. Voilà donc pourquoi le rapport du dessin à l’érotisme et à la pornographie, ainsi que sa démocratisation dans la société japonaise est encrée dans leur culture, et non, comme certains incultes le disent, parce que les japonais sont « bizarres ». La sexualité est d’ailleurs célébré dans la religion shintoïste à travers différentes fêtes traditionnelles.

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About the Author

Ses premiers mangas, il les a lu dans une décharge de pneus pendant que sa cousine le suçait. L'amour du Japon LUI il sait ce que ça veut dire. Il est aujourd'hui le Hokage des manouches et des gitans au nom de la Japan Culture.



4 Responses to Hentai: une histoire millénaire qui sent la chatte.

  1. SarKasticK says:

    Il eut fallu davantage D’ILLUSTRATIONS en tous genres afin d’étayer ce dossier… ;)

  2. Harry Gato says:

    Il semblerait que cette demande a été entendue.

  3. Christopher Kawaii MokkoriChan says:

    Très bon article

  4. Kawai Castro says:

    Et quid de leur obsession des tentacules ?

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